Mardi 4 décembre 2007
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Chers amis et éventuels mais non moins chers lecteurs, c’est de notre assez confortable cuisine de Santiaguinho (un peu fraîche) en surveillant la cuisson d’un gâteau de Saint
Romain (avec de la crème de lait bouilli !!! ) et une soupe aux pois cassés que je vous écrie un petit commentaire sur les trois albums photos que Franck nous a installés (voir colonne de
droite = Albums) et faites une visite sur le www.asdelicias.net où Franck a rajouté un nouvel onglet....
Le déménagement/aménagement : Après avoir jugé que partir avec deux valises n’était pas possible, il
nous a fallu faire de choix du moyen : transporteur ou location de véhicule.
Par l’entremise de Linda, notre fille, nous avons choisi de louer un camion de 40 m3 qui sera conduit par Fréd son ex-petit ami mais toujours ami. Cette solution nous permettait
aussi de jouir de la présence de Linda et de renouer des liens amicaux avec Fréd.
Le jour du départ nous avons bénéficié de l’aide de Pierre-Alain, Christelle et Alain de bons amis sur qui l’on peut compter. En respectant scrupuleusement le timing nous avons
fait péter le champagne au cul du camion (un Besserat de Bellefont bleu le préféré de Linda) en compagnie de Solange et Max nos voisins chéris. Malheureusement nous n’avons pas pris de
photos.
Puis le camion est parti et nous avons remis les clefs à Madame Bataillar, la nouvelle propriétaire de notre petite maison.
Deux jours de voiture, une grosse demi journée de plus pour le camion de voyage. La traversée de l’Espagne centre est assez morne. Nous nous sommes arrêtés dans un café dans un
village carrefour. Un vrai décor de film (« une nuit en enfer »).
Nous sommes donc arrivés en avance à Santiaguinho. Cela nous a permis de demander à Jaime (ex-propriétaire) de nous trouver un peu d’aide pour décharger. C’est ainsi que nous avons
connaissance avec l’inénarrable et infatigable Isabel ainsi que son mari Carlos.
Personnellement je n’ai pas fait grand chose !!!!! mais le reste de l’équipe a été d’une efficacité redoutable.
A la fin de ces grandes manœuvres, j’ai demandé à Jaime comment nous pouvions le remercier ainsi que les autres bénévoles, il m’a répondu que ce n’était pas Noël alors…..
Le soir, nous sommes allés coucher chez Pédro qui nous a prêté une fois de plus sa grande maison à un quart d’heure de Santiaguinho. Ouf !
Un bien agréable « premier contact » avec la population de Santiaguinho.
Avec Isabel : nous lui achetons du lait de ses deux vaches et nous prenons des impossibles cours de portugais. Elle parle a tout allure : nous ne comprenons rien, et
quand nous essayons de parler portugais, elle ne comprend rien. Il nous reste …….les mains.
Nos travaux : 80 cm d’herbe et un jardin à l’abandon nous attendait. Le rêve pour la toute fraîche débroussailleuse de Franck. 10 jours de travail pour lui un peu pour
Fabienne car je me concentre sur l’aménagement de la maison où nous allons habiter. Repeindre la cuisine trop noir de fumée, déballer le carton et ranger le nécessaire pour bien vivre dans 2
chambres, un bureau, un salon, une salle de bain. Faire changer le chauffe-eau et le disjoncteur (avec des fils de cuivre ouille ouille) déboucher l’évacuation de l’eau à la cuisine. Pendant ce
temps (une semaine) nous habitons chez Pédro (merci encore). Les deux types de travaux ont des résultats spectaculaires : la propriété prend une réelle dimension ce qui permet au nouvel
architecte une meilleure prise de conscience de l’espace à transformer et nous nous avons une maison bien agréable pour vivre.
Après cela Franck (tel Conan le Barbare) s’attaque à la destruction du poulailler à grands coups de masse dont il casse le manche (les portugais construisent pour 100 ans même un
poulailler). Sur cet emplacement il y aura notre jardin potager (actuellement il y a des oignons, des salades et des fraisiers, et peut être des mâches, des épinards si les graines veulent bien
sortir). Il se fait la main. Je repique très serrés ne pouvant pas encore les installés définitivement, mes iris, mes lys et autres bulbes.
Après cette mise en jambes, nous nous attaquons au bâtiment en briques rouges qui enserre la Baraca (bat. Est). Nous le découvrons en triant et nettoyant les tuiles, puis c’est le
tour de la charpente (très dure et dangereux) et enfin les murs .
Pour nous changer les idées, nous revenons au jardin et nous taillons les oliviers, le citronnier ,l’oranger et le mandarinier. Les oliviers sont soigneusement débarrassés de leur
mousse. Cela me donne l’effet de brosser le cuir d’un éléphant qui se prendrait pour une girafe.
Une petite parenthèse, je vous encourage à venir voir les mimosas portugais, c’est pas de la gnognote !!! et de plus j’ai vu trois variétés différentes. Au Portugal, on peut
se faire des meubles en bois de mimosas !!!!
Accessoirement, nous rangeons les caves et nous nous promenons et nous apprenons le portugais.
Suite du document 24 heures voila……
Les promenades :
Me revoilà, après ou plutôt en même temps que tous ces travaux, nous mangeons des gâteaux aussi beaux que dépourvus pour la plupart de goût , buvons des grands cafés au lait
délicieux, nous travaillons d’arrache-pied le portugais qui est une langue bien aussi complexe que le français (encore plus de temps de conjugaison que nous et bien sur au moins autant de
verbes irréguliers) et nous explorons le proche pays de préférence à pieds.
La campagne est violemment vallonnée, je veux dire par là que ça monte et ça descend de façon violente avec de petits plateaux encore très cultivés en petites parcelles limitées
par des murés en pierre et de la vigne. Il n’y a pas de pré, donc après la récolte de maïs ils sèment de l’herbe qu’ils coupent jour après jour avec une petite faucille. Ces taches vertes sont
superbes.
Mais la partie cultivée est très faible en comparaison de la surface occupée par la forêt immense, superbe, sillonnée d’innombrables chemins très anciens bordés de grandes
pierres et pavés grossièrement. Souvent dans ce pavage on voit la trace ancienne des roues de charrettes qui ont creusé un rail. Cette forêt est composée de pins à longues épines, de
chênes , d’eucalyptus, de mimosas et de chênes verts tous plus grands les uns que les autres. Le sous bois est constitué de 2 sortes de genêts, 2 sortes de bruyères, de « javels »
très piquants et de fougères « aigles ».
Elle embaume cette forêt même à cette période. L’automne a été trop sec donc nous n’avons pour l’instant pas trouvé de champignons mais, vue les températures dont nous
bénéficions, nous gardons bon espoir.
La flore pour l’instant est très faible (seulement ces crocus violets, je ne suis pas sur que cela s’appelle ainsi) mais les jardins eux sont plein de fleurs et en particulier de
chrysanthèmes. Pour le 1 Novembre, les portugais apportent des bouquets de fleurs et des bougies dans les cimetières. C’est un très grand événement pour l’ensemble de la population, beaucoup
plus que chez nous m’a-t-il semblé.
La photo de Fatima portant son énorme ballot de maïs sur la tête n’a rien d’anecdotique ici. La photo ne montre pas qu’elle a des yeux très verts.
Voilà, nous avons remplacé La Bégude de Mazenc par Cajadães pour aller boire un café le dimanche. Une différence notoire, nous y allons à pieds bien sur mais en suivant le Voie
Romaine, excusez du peu !
Ainsi nous nous constituons un petit répertoire de promenades toutes simples qui nous permet d’établir un contact comme par « capillarité » avec notre nouveau pays.
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à bientôt
Fabienne & Franck